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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 23:38

                                                                      

 

Dans ces trois romans, Auster se sert des conventions du récit policier pour émettre l’hypothèse que les coïncidences, la nécessité et les accidents peuvent avoir un sens caché.

 

La cité de verre met en scène un écrivain de polars, Daniel Quinn, passionné du genre et de son artificialité, qui, après avoir reçu par erreur deux appels pour l’agence de détectives Paul Auster, décide de se faire passer et d’accepter l’affaire.

 

Il se retrouve complètement ruiné par cette poursuite monomaniaque d’un homme qui a essayé à coups de poing de forcer son enfant en bas âge à abandonner le langage humain « dérivé » au profit du divin.

 

Pourtant, le désespoir inévitable et les difficultés semblent s’accompagner, chez Quinn, d’une nouvelle conscience « zen », éclairée, alors que le monde qui l’entoure semble diminuer considérablement.

 

Les personnages de Revenants, pris dans un jeu sophistiqué et surréaliste de filatures croisées, ont des noms de couleurs, donnant un air quasi allégorique à l’action. La passivité de Noir pousse Bleu, l’homme engagé pour le surveiller, à dévorer des livres tout en le rendant presque fou.

 

La chambre dérobée, dont le nom suggère un sous-genre de polar, accompagne le narrateur anonyme parlant à la première personne tandis qu’il s’approprie petit à petit la vie d’un ami d’enfance disparu.

 

Il épouse la femme de ce dernier et supervise la publication de son chef-d’œuvre inconnu auparavant, avant d’être contacté par ledit ami et informé que le scénario a en fait été soigneusement orchestré.

 

Trilogie new-yorkaise regorge de moments où l’on frôle le point zéro, qui est à la fois le potentiel et l’effondrement intégral de l’identité. L’effet de privation forme un thème intrigant sous-jacent aux trois récits, tout en respectant le langage économe et la brièveté qui leur sont propres.

 

Source : Les 1001 livres qu’il faut avoir lus dans sa vie, Flammarion

 

Publié dans : Livres originaux - Par Manuel Soufflard
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