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Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /Jan /2009 15:22

                                                                

Il est près de minuit quand le narrateur arrive à Villers. Le lendemain il doit se rendre là où il doit passer le plus clair ou le plus sombre de ses journées, La bibliothèque de Villers. Sa mission ?

 

Eclairer d’un jour nouveau, les cinq fameux crimes de Villers, perpétrés en 1905, soit près de cinquante ans plus tôt et restés résolument mystérieux.

 

Il ne s’y rend pas sans quelques doutes et réticences, de faits nouveaux, il n y en a guère eu depuis, et les premières journées qu’il passe seul dans la bibliothèque confirment ses craintes.


Heureusement il y a Albert Lessing, le conservateur de la bibliothèque, homme grand et maigre, bibliophile et gastronome hanté par son LIVRE, celui à venir, et qui sera probablement le dernier. Heureusement il y a Edith, sa jeune secrétaire dont le narrateur se sent rapidement assez proche…


Mais un événement aussi inattendu que violent, vient bouleverser la petite routine dans laquelle menaçait de s’engluer peu à peu le jeune homme. Un crime odieux, sans motif ou mobile apparent. Dans la neige, noir sur fond blanc, on retrouve le corps d’un ancien mineur, Ivan Imbert, et sur son dos, comme gravée au fer rouge, une étoile à cinq branches.


Ce crime n’est que le premier d’une série de cinq, dont au premier abord le seul point commun réside dans cette mystérieuse étoile, gravée sur le dos des victimes.


Tout d’abord spectateur, le narrateur se trouve rapidement emporté, cerné de près par cette histoire. Il ne lui reste qu’une seule issue possible, enquêter sur ces crimes, comme il avait commencé de le faire pour ceux de 1905 et tenter de dénouer l’écheveau de ce mystère tout en clair obscur.


En attaquant ce récit, le lecteur pense avoir affaire à une sorte de roman policier, où le passé et le présent se rejoignent, il pense suivre les événements un peu de l’extérieur, comme il en a eu si souvent l’habitude et puis très vite, force est de s’avouer, que non, il fait fausse route, le détective, l’enquêteur c’est lui…

 

Le narrateur, arrivé au but, ne délivrera aucune solution. A peine la dernière page tournée, les choses sont claires, il va falloir reprendre la lecture depuis le début, investir le personnage du narrateur, décrypter ses moindre propos, pourchasser les mots, les épeler, faire jouer les contrastes et les lumières.

 

Car le nom de l’assassin est dans le LIVRE, épelé maintes fois, maintes fois lus par nos yeux distraits. Et c’est bien sûr, extrêmement passionnant, obsédant, énervant. [ Et le pire, c’est que rien n’est définitif. NDT]


Benoît Peeters, dans Tombeau d’Agatha Christie  (qui suit ce récit dans la présente édition Labor) n’écrit-il pas :


« Enquêter dans les romans d’Agatha Christie, ce n’est pas se mouvoir dans les méandres d’un concret fantasmé, c’est repérer, dans le corps du texte, les signes qui y ont été déposés. Bref, osons dire, enquêter c’est apprendre à lire. »

 

Source : blog « Lily et ses livres » http://lily-et-ses-livres.blogspot.com/
Publié dans : Livres originaux - Par Manuel Soufflard
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